Le thé a le vent en poupe. Si cette boisson est très ancienne et trouve ses origines dans la Chine d’il y a 5000 ans elle s’est petit à petit imposée dans nos cuisines. Cet aliment de référence est ainsi de plus en plus consommé. Selon le planetoscope, la consommation mondiale de thé aurait augmenté de 60% entre 1993 et 2010 faisant de notre infusion préférée la seconde boisson la plus consommée au monde.

Cependant, malgré une consommation en forte croissance les lieux de production sont assez fortement concentrés. En effet, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord, on compte très peu de plantations locales. Le thé est ainsi produit en immense majorité par de gigantesques plantations asiatiques. 

A l’heure ou le « consommer bio » et le « consommer local » deviennent des enjeux de société, nombreuses sont les personnes souhaitant remettre en cause cet état de fait. Tenter l’expérience de faire pousser des théiers dans son jardin ou dans son champ : est-ce possible ?

Consommer local : l’évidence remise en cause pour le thé

Consommer local : un geste évident pour notre planète

Qu’est ce que le consommer local ? C’est un terme relativement récent, qui nous vient de « locavore ». A l’origine ce mouvement vient de la décision de Jessica Pentrice, une américaine qui a décidé un jour de lancer un défi aux habitants de sa commune lors de la journée mondiale de l’environnement. Ce challenge était simple : consommer des aliments locaux, produits à moins de 100 miles (l’équivalent de 160km) de chez soi.

De cette initiative isolée est née un mode de consommation à part entière qui continue encore aujourd’hui à prendre de l’ampleur. En effet, à l’heure ou le consommer bio et consommer bien est important, l’aspect local de nos aliments est un véritable atout. Les raisons sont ainsi nombreuses : que l’on souhaite réduire son empreinte écologique, soutenir l’économie locale, bénéficier d’économies sur le transport ou bien préserver sa santé, le local présente de nombreux avantages. Partant de ce constat produire du thé de manière locale semble une solution économiquement et éthiquement parfaite.

Une évidence non vérifiée sur le marché du thé

Cependant même chez les adeptes du « locavore » certains aliments comme les épices, ou …le thé sont exclus du processus.  Cela se retrouve notamment dans les chiffres qui sont assez éloquent. La production de thé est très peu répandue en Europe et en Amérique du Nord de sorte qu’elle ne peut répondre aux besoins des locaux.


Ainsi, c’est bien en Asie que l’immense majorité de notre thé est produit. Sur les 4,1 millions de tonnes de thé produites chaque année, 41% viennent uniquement de Chine.


En totalité, la production de thé est assurée par une trentaine de pays seulement, ce qui engendre nécessairement un marché très tourné vers les exportations.

Crédits : http://www.confrerieduthe.org

Mais alors comment expliquer cet état de fait ?

Une production locale : un défi vraiment impossible ?

La température : un frein évident

Disons le tout de suite, si certaines variétés de théiers résistent à des températures négatives, la grande majorité de ces arbustes détestent la neige. Il est donc très compliqué de cultiver son thé directement en pleine terre. Pour autant, il est envisageable de placer ses plants dans un pot afin de les faire grandir en intérieur, dans une serre chauffée ou sous une véranda. En effet, les théiers se développeront bien dans des endroits où les températures sont de 20°C environ. Ces températures sont similaires à celles des jardins asiatiques, connus pour leur thé de grande qualité.  On comprend donc aisément que des pays comme le Canada ou la France ne sont pas des territoires propices à cultiver du thé local à grande échelle

Impossible, vraiment ?

On l’aura compris, faire pousser du thé dans nos contrées et en extérieur est compliqué. Cependant il existe quand même des petits producteurs qui tentent de faire valoir la qualité de leur produits. Vous pourrez notamment les trouver sur : https://locavor.fr.

De plus, il est tout à fait possible de faire pousser du thé à l’intérieur d’un appartement très lumineux ou bien sur une terrasse. Mais alors : comment débuter ?

Commencez par bien sélectionner votre plant de théier. Par exemple, prendre une variété originaire du Japon, plus adaptée à un climat froid voire rigoureux est une bonne chose. Faites en sorte que la terre soit toujours souple. Il convient donc d’arroser son théier dès que la terre devient sèche en surface.

Enfin concernant la récolte, partez sur 2 récoltes dans l’année : une en juin et une en août. Il convient alors de récupérer les jeunes pousses, généralement les deux dernières feuilles ainsi que le bourgeon.

En somme, si les tentatives visant à industrialiser la culture du thé en Europe ou au Canada ont souvent échoué du fait des températures difficiles, cela n’empêche pas de se créer une petite culture chez soi pour avoir le plaisir de produire son propre thé. Attention toutefois, la production à atteindre pour générer suffisamment de feuilles de thé est importante. Il est donc quasiment impossible consommer ses propres feuilles de thé avec la production d’un ou de quelques théiers. La culture en serre est difficilement rentable d’un point de vu économique. Pour autant, essayer de produire ses premières feuilles de thé est un début pour devenir un véritable « locavore ».